Fenêtre sur un marché dynamique

Fenêtre sur un marché dynamique

Une nouvelle étude sur le marché de la fenêtre en France en 2019 vient de paraître. Réalisée pour la première fois par le cabinet P&P, elle met en lumière une légère croissance du marché, portée par le dynamisme de la menuiserie aluminium, tandis que le bois reste en embuscade.

Si les menuiseries extérieures en bois ont moins la cote que celles en aluminium ou en PVC, l’utilisation de bois locaux, en revanche, augmente.

par Adèle Cazier

L’aluminium et le bois toujours en croissance

Avec plus de 10 millions de fenêtres vendues dans l’Hexagone en 2019, le marché de la menuiserie exté- rieure enregistre une légère croissance (en volume) par rapport à 2017. Si le PVC conserve sa première place avec 59,7 % de parts de marché (-1,2 % par rapport à 2017), c’est bel est bien l’aluminium qui sort vainqueur de cette nouvelle étude. Très prisé depuis plusieurs années, il représente désormais 29,9 % des fenêtres commercialisées en France et fait un bond de plus de 7 % par rapport à 2017. Quant au bois, tou- jours sur la troisième marche du podium, il poursuit son développement pour atteindre 8,5 % des parts de marché (+5,3 % par rapport à 2017). Du côté des autres matériaux, le bois-aluminium (1,6 %) et l’acier (0,2 %) restent marginaux et perdent tous les deux des parts de marché. En valeur, la croissance du mar- ché est bien plus conséquente puisqu’elle s’établit à 8,7 % et, pour la première fois, la part de l’aluminium dépasse celle du PVC avec respectivement 43,9 % et 41,5 %. Le bois progresse également avec 11,7 % de PDM, soit + 10,3 %. (Voir carte ci-dessous)

Les fenêtres bois, un savoir-faire artisanal

Si les menuiseries aluminium et PVC sont principa- lement produites par des industriels, les fenêtres bois restent l’apanage des petits fabricants. Toujours plébiscitée, la fabrication régionale-artisanale-locale (RAL) poursuit sa croissance pour atteindre 68,6 % de parts de marché en 2019, soit 7,2 % de plus qu’en 2017, loin derrière la fabrication industrielle-nationale (IN) qui s’établit à 27,1 %.

Le retour des bois locaux

Principalement de conception artisanale, la fenêtre bois fait aujourd’hui la part belle aux essences locales ou tempérées. Si, en 2010, les bois tropicaux dominaient largement le marché de la menuiserie extérieure avec 63 % des fenêtres produites dans l’Hexagone, aujourd’hui moins d’une fenêtre sur deux est réalisée en bois exotique (46,9 %). Une aubaine pour les essences locales qui voient leur part de marché augmenter : les feuillus, qui ne représentaient plus que 15 % du marché de la fenêtre bois en 2015, reviennent à leur niveau de 2010 avec 22 %. Après un pic à 35 % en 2017, les résineux reculent légèrement (31,5 %) mais restent incontournables sur le marché.

Toujours plus de produits finis en atelier

Autre grande évolution de la menuiserie bois, la finition en atelier, qui assure des produits de qualité livrés finis sur les chantiers. En 2010, moins d’une fenêtre sur trois recevait une finition en atelier (31,2 %). Moins de dix ans plus tard, les proportions se sont inversées avec 68,8 % des produits finis en atelier ou en usine en 2019. Concernant le type de finitions, les produits transparents reculent légèrement (27 %) au profit des produits opaques qui culminent à 77,7 %. La bicoloration, encore trop onéreuse, reste anecdotique et ne pourra pas se développer tant que sa production ne sera pas automatisée.

L’import toujours présent

Tous matériaux confondus, l’import représente désormais 1 101 000 châssis, soit 11 % des ventes réalisées dans l’Hexagone en 2019. Le PVC totalise à lui seul 974000 châssis, soit 88,5 % des fenêtres

importées (+ 1,9 % par rapport à 2017) en provenance de Pologne (62 %), de Roumanie et de République tchèque. En 2019, la croissance de l’import est sur- tout portée par l’aluminium (7,1 % des châssis impor- tés) avec + 33 % par rapport à 2017. Le bois enregistre aussi une forte progression avec 4,3 % de châssis importés (27 % de plus qu’en 2017), pour la plupart en provenance des pays frontaliers (66,7 %) et d’Europe centrale. En France, ces produits sont principalement mis en œuvre dans les régions frontalières, dont le Grand-Est qui concentre à lui seul 31,8 % des pro- duits importés. Une progression des importations qui concerne aussi la menuiserie mixte, dont 5,7 % des produits proviennent de l’étranger et notamment d’Autriche ou d’Europe du Sud qui proposent des produits haut de gamme. Sachant que 53,3 % de ces produits seront mis en œuvre dans le Grand-Est et en région AuRA. (Voir carte ci-dessous)

Encore une belle marge de progression pour les labels et certifications

Concernant le taux de certification NF, on observe de nombreuses disparités selon les matériaux. Les produits PVC et mixtes sont majoritairement certifiés (55 % et 51,9 %), contrairement au bois avec seulement 7,5 % de fenêtres NF en 2019 (contre 17 % en 2017). L’aluminium se classe au milieu du tableau avec 22,3 % de produits certifiés. Concernant le taux de labellisation, les proportions s’inversent. Pour le PVC, la labellisation QualiPVC reste anecdotique avec 0,4 % de produits concernés. Pour l’alu- minium, un peu moins de 10 % des produits sont labellisés Fenêtre Alu. Pour le bois, les chiffres sont un peu meilleurs avec 15,8 % des fenêtres labellisées Menuiseries 21 [contre 20 % en 2017, NDLR]. La marge de progression reste donc conséquente.

Méthodologie

Pour cette nouvelle étude commanditée par les organisations professionnelles UMB-FFB, SNFA
et UFME, le cabinet P&P s’est entretenu avec
147 dirigeants industriels et 911 dirigeants de sociétés de pose entre mars 2020 et juillet 2020. Objectif : disposer de chiffres précis et détaillés sur le marché, des caractéristiques techniques des fenêtres vendues en 2019, et établir des prévisions pour 2020. Il est cependant à noter que la part du bois dans
les précédentes études (autour de 10 %) semble avoir été surestimée d’environ 2 points depuis 2000 et
a donc été recalculée avec de nouveaux indicateurs.

Chiffres clés et tendances de la fenêtre bois

• 2 881 fabricants de produits bois, dont la moitié en Nouvelle-Aquitaine, Occitanie et AuRA.
• 289 fabricants de produits mixtes, dont 209 dans la moitié est de la France.
• 23,8 % des châssis bois sont destinés au marché du neuf et 76,2 % pour la rénovation (dont 70,6 % pour le logement
et 5,6 % hors logement).
• Circuit de distribution des châssis bois : 42,3 % en fabrication et pose, 28,7 % en fourniture à des entreprises de travaux, 16 % en fourniture seule à des groupements et réseaux.
• Gammes de menuiseries bois : 13 % de fenêtres bois à l’ancienne et 87 % de gammes contemporaines.
• Types d’ouvertures des menuiseries bois : 3,9 % de coulissants, 57,2 % d’OF et 22,9 % d’OB sur les menuiseries à frappe, et 15 % de menuiseries fixes.
• Performances thermiques des fenêtres bois : 10 % des produits ont un Uw < 1,4 (82 % pour le PVC) ; 64,7 % des produits ont un Uw entre 1,4 et 1,6 ; et 25,2 % ont un Uw > à 1,6.