Rothoblaas se dote d’un nouvel entrepôt autoportant en bois

Rothoblaas se dote d’un nouvel entrepôt autoportant en bois

Le spécialiste italien de la fixation se dote d’un nouvel entrepôt entièrement automatisé sur son site de Cortaccia. Un bâtiment bois sur mesure qui lui permettra d’augmenter sa capacité de stockage et de parer à ses futurs développements. Présentation.

Créé en 1991 comme distributeur de machines pour le travail du bois et de systèmes de fixation, Rothoblaas a peu à peu diversifié sa gamme de produits et de services pour devenir une entreprise de référence dans la fourniture de matériaux pour la construction bois en Italie et à travers le monde. Aujourd’hui en plein développement, le groupe s’est lancé dans un projet d’agrandissement de son siège social de Cortaccia, qui s’étend sur 6000 m2 , avec la construction d’un nouveau bâtiment autoportant automatisé qui servira de dépôt pour le réapprovisionnement des entrepôts existants, et pour ceux prévus dans un futur proche. Inaugurée il y a quelques jours, la nouvelle extension s’étend sur une zone couverte de 4800 m2 et consiste en la création de trois structures distinctes : une structure principale de 21  m de hauteur destinée à l’entrepôt automatisé; une deuxième structure qui accueille les marchandises entrantes ; et une structure annexe qui relie le nouvel entrepôt à l’actuel. De part sa situation dans l’ancien lit du fleuve Adige, assaini à la fin du XVIIIe siècle, le squelette du bâtiment repose sur une fondation à dalle posée sur des pieux forés de 40 cm de diamètre et 27 mètres de long. Au total, les 300 pieux réalisés forment les racines de la forêt sus-jacente, elle-même composée de 500  poteaux en lamellé-collé qui soutiennent les étagères et l’entrepôt.

Un bâtiment conçu sur mesure où le bois trouve toute sa place

D’un point de vue architectural, le bâtiment reprend les codes du siège social de l’entreprise avec de larges baies vitrées et une forte présence du bois, que ce soit pour la structure, les revêtements muraux ou les sols. Certaines exigences liées à la sécurité anti-incendie ont toutefois imposé des solutions différentes pour l’entrepôt automatisé, qui sera presque entièrement revêtu d’aluminium. Tandis qu’un revêtement tridimensionnel en lames de mélèze, rappelant les structures intérieures, habillera les fenêtres inclinées. Sur le plan structurel, la particularité d’un entrepôt autoportant réside dans le fait que les étagères, qui déchargent au sol le poids des marchandises stockées, servent également de structure porteuse. Le défi principal résidant dans la résistance aux actions horizontales (séisme et vent). L’entrepôt est donc doté de deux systèmes de contreventement indépendants, dans les deux sens du bâtiment. Dans le sens nord-sud, ce système se caractérise par 12  tours de contreventement composées d’une section à caisson en LVL et lamellé-collé de 1 x 2,5 m. Le tout encastré dans les fondations au moyen de plaques pré-insérées. Imaginé pour coller au plus près des besoins de l’entreprise, en fonction des matériaux stockés et des différences de poids et de dimensions entre les gammes de produits, l’entrepôt a en outre été divisé en quatre zones distinctes. Chacune d’entre elles accueillant des palettes avec des volumes et des poids différents, en positionnant les plus petites et les plus lourdes en bas, tandis que les plus encombrantes et les plus légères prendront place en hauteur afin de réduire les effets des actions sismiques sur l’ensemble de la structure.

 

L’entrepôt est divisé en quatre zones qui se répartissent les palettes selon leur volume et leur poids

 

 

 

La recherche de solutions pour assurer la sécurité a entraîné l’utilisation de matériaux innovant

 

 

La sécurité, une priorité

Autre défi dans la conception du bâtiment, s’assurer de la sécurité incendie des structures. À cet effet, plusieurs solutions ont été évaluées pour trouver la plus adéquate. La solution finale repose donc sur une exigence de résistance au feu R30 pour toutes les structures de l’entrepôt, relativement simple à obtenir avec des structures en bois. Cependant, l’exigence R30 a modifié le projet initial des connexions : pour aboutir à une solution sans plaques apparentes, des matériaux innovants à base de bois ont été mis en œuvre à la place de plaques en acier. La même vigilance a été apportée à la sécurité sismique, qui a également fait l’objet de nombreuses études en amont du projet pour parvenir à une conception non dissipative, avec un facteur de structure de 1,5 selon la norme EN 1998-1. S’agissant d’une extension reliée au bâtiment existant, il a été nécessaire de réaliser un joint sismique pour découpler le comportement dynamique entre les anciennes et les nouvelles structures. Enfin, concernant les travaux en hauteur, la toiture de l’entrepôt a été sécurisée pour permettre son entretien et celui des systèmes photovoltaïques grâce à l’installation d’une ligne de vie sur pieux. Il en va de même pour les systèmes automatisés (transstockeurs), également équipés de lignes de vie verticales pour en permettre leur entretien et assurer la sécurité de tous.

Chiffres clés

  • 3000 m3 bois (PEFC ou FSC) produits par des usines situées dans un rayon de 60 kilomètres autour du chantier;
  • 17000 nouveaux emplacements de palettes;
  • L’utilisation du bois pour la réalisation du bâtiment permettra de séquestrer environ 2400 tonnes de co2, stockées dans les structures jusqu’à la fin de leur vie.

par Adèle Cazier