Blanchon à la croisée des chemins

Blanchon à la croisée des chemins

Cette année 2022, Blanchon souffle ses 190 bougies. Un anniversaire historique pour le groupe français, qui profite de cette date symbolique pour affirmer un peu plus son positionnement et afficher de belles ambitions pour l’avenir. Explications.  par Brice-Alexandre Roboam

Après avoir résisté à près de deux siècles jalonnés d’empires, de monarchies, de guerres, et de crises en tous genres, la « manufacture » fondée à Lyon par André Blanchon en 1832 fête ses 190 ans cette année. Souvent à l’avant-garde des produits de protection et de finition du bois, le groupe français entame désormais un nouveau cycle, en affichant d’ambitieux objectifs. « La maison Blanchon se trouve à la croisée des chemins, explique Guillaume Clément, président directeur général du groupe depuis mai 2020. Après quelques années peut-être un peu trop “cadrées”, il était temps d’insuffler une nouvelle dynamique à travers une nouvelle identité, un renouvellement des engagements et un nouveau territoire de marques ». Cette nouvelle identité se traduit par un logo retravaillé « qui fait écho à la stratégie, souligne Béatrice Gladel, directrice marketing et communication depuis mars 2021.
Comme nous souhaitons faire sortir l’entreprise de son cadre traditionnel, nous avons en toute logique supprimé le cadre graphique présent sur l’ancien logo ». Désormais, le E du Groupe Blanchon a disparu pour laisser place à la terminologie anglaise, « Blanchon Group », pour une reconnaissance internationale facilitée. Enfin, la fiabilité mise en avant dans l’ancienne signature a été remplacée par la notion de protection pour devenir : Protéger, c’est dans notre nature. Des modifications qui illustrent des évolutions plus concrètes au sein de la société basée à Saint-Priest en banlieue lyonnaise.

“Il était temps d’insuffler une nouvelle dynamique à travers une nouvelle identité, un renouvellement des engagements et un nouveau territoire de marques.”

Marques et marchés
Tout d’abord, un besoin assumé de retravailler le positionnement de ses marques. En dehors des initiés, qui sait que la très célèbre marque Syntilor à destination du grand public a été lancée par Blanchon en 1975 ? « Une marque mère doit porter toutes nos marques commerciales, insiste Guillaume Clément, d’où la nécessité d’une nouvelle plateforme identitaire “canopée” sous laquelle nos marques seront regroupées. » Ces marques, le groupe en cumule plusieurs : Blanchon pro, Blanchon Industrie, Syntilor, Carver, Ciranova et depuis peu Rigo. Ces trois dernières sont issues d’acquisitions d’entreprises étrangères ayant conservé leur nom propre. Si le rachat du spécialiste italien du traitement de parquet Carver date de quelques années, les récentes acquisitions du groupe belge Debal Finance (et sa marque Ciranova) et de l’entreprise néerlandaise Rigo envoient un message clair concernant les nouvelles ambitions stratégiques du Groupe, détenu depuis l’année dernière majoritairement par le fonds d’investissements IK Partners. Au programme ? Une stratégie d’acquisition et de développement à l’étranger assumée car « l’Europe doit être la plateforme du groupe ». Dans les faits, l’objectif annoncé est d’un rachat d’entreprise chaque année, et atteindre 150 millions d’euros de CA à l’horizon 2025 – soit le double du CA de 2020. À l’heure actuelle, et grâce à la croissance externe, la barre symbolique des 100 millions a déjà été dépassée. Le marché français représente environ 60 % de ce montant, contre 40 % pour le reste de l’Europe, mais l’ambition est d’équilibrer les forces rapidement.

 

© Syntilor

Commandez Artisans & bois n°68 pour lire la suite de l’article : Je commande