L’ONF montre l’exemple : un bâtiment 100 % en bois français

L’ONF montre l’exemple : un bâtiment 100 % en bois français

Pour son nouveau siège de Maisons- Alfort, près de Paris, l’Office national des forêts a voulu un bâtiment 100 % en bois français, valorisant le réemploi des matériaux et l’économie circulaire. Découverte.

Exit la tour en béton du XIIe arrondissement de Paris. Pour son nouveau siège, l’ONF se met au vert aux portes de la capitale et s’installe dans un bâtiment flambant neuf, tout de bois revêtu.
Imaginé par les agences Vlau et Atelier Woa, il se déploie en une succession de plans horizontaux suspendus entre la ville de Maisons-Alfort et le parc de l’École vétérinaire. Entièrement construit en bois, issu des forêts gérées par l’Office, il se compose de deux ailes (nord côté rue et sud côté jardin) qui se rejoignent au niveau de la porte d’entrée. Étagés en différents plateaux, les espaces de bureaux créent un trait d’union entre l’animation de la rue et le calme du jardin. À l’intérieur du bâtiment, le lien entre espace urbain et nature est renforcé par la percée d’une une rue monumentale sur trois niveaux qui traverse le bâtiment de part en part. Un véritable poumon d’air et de lumière qui irrigue l’ensemble des espaces partagés, et relie la rue au jardin.

Valoriser les bois français…
Sur le plan architectural, la structure bois permet une grande liberté de conception et la création de vastes plateaux : à l’image d’un arbre, l’axe vertical développe une série de plateaux qui rayonnent autour de lui. La structure, composée de poutres treillis en bois, s’y rattache comme des branches à un tronc afin de limiter les points porteurs, et de générer de larges espaces ouverts. La rue intérieure rappelle aussi l’univers de la forêt avec de grands poteaux qui s’élancent vers le plafond décoratif en tavaillons suspendus réalisé à partir d’un panel d’essences présentes dans les forêts françaises. Sachant que ce nouveau siège est pour l’heure la première opération de France d’une telle ampleur à être construite en bois provenant exclusivement des forêts françaises ! Même si techniquement le travail des essences de bois françaises est plus compliqué que celui des bois d’Europe de l’Est ou du Nord – qui poussent droit et lentement – les architectes ont choisi d’utiliser les différentes essences disponibles suivant les avantages qu’elles procurent et les contraintes qu’elles imposent, en privilégiant les résineux pour l’ossature et les feuillus pour les aménagements intérieurs et l’ameublement.

… et le réemploi des matériaux
Un choix du bois qui permet également au bâtiment d’afficher de bonnes performances carbone (E3C2). Sachant que, dès sa conception, le groupement de maîtrise d’oeuvre s’est engagé sur le côté vertueux du cycle de vie de l’édifice, ses performances énergétiques, son entretien et sa maintenance. Le réemploi est également au coeur de ce projet grâce à la revalorisation des ressources présentes sur le site. En témoignent les pierres du mur d’enceinte de l’École vétérinaire voisine, démolies pour intégrer le nouvel édifice et constituer le soubassement côté rue ; ou le bois d’un robinier existant, débité en plateaux, séché puis assemblé pour réaliser la banque d’accueil principale de l’atrium d’entrée. Un bel exemple de circuits courts, d’économie circulaire et de revalorisation des matériaux pour un bâtiment dans l’air du temps.

©camillegharbi

Fiche chantier
• Montant de travaux : 24,5 millions d’euros HT
• Durée de travaux : 20 mois
• Surface au sol : 2 050 m²
• Surface de plancher : 7 650 m²
• Surface de terrasses accessible : 130 m² 6 niveaux + 1 sous-sol
• Maître d’ouvrage : Office nationale des forêts
• Maîtres d’oeuvre : Vincent Lavergne, architecture urbanisme + atelier WOA
• BET : Egis + Elioth (Egis concept)
• Entreprises Gros oeuvre : CITY Construction (Ex City GC-Hervé)
• Entreprises charpente bois et métallique : Mathis SAS
• Certifications et labels visés : BBCA Excellent et E3C2