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Uperio profession : levageur

Lecture 5 min
© Uperio

Par sa taille réduite et sa maniabilité, la grue Orpi devrait séduite les petites et moyennes entreprises.

Issu de la fusion entre Matebat et Arcomet, le groupe Uperio, spécialiste du levage, nourrit de grandes ambitions portées par un nouvel actionnariat. Parmi elles, investir le marché des petites et moyennes entreprises grâce à sa grue Opti facilement maniable. Entretien avec Philippe Cohet, président du groupe.

Pour commencer, pourriez-vous nous refaire un bref historique de votre entreprise ?

Philippe Cohet : Le groupe Uperio existe en tant que tel depuis environ deux ans. Il est le fruit de la fusion entre deux entreprises de levage : Matebat et Arcomet. Matebat, société fondée près de Toulouse, a ouvert son capital à un fonds d’investissement déjà propriétaire du groupe belge Arcomet. La large structure ainsi créée a pris le nom d’Uperio et s’est spécialisée dans la location et la vente de grues à tour – principalement Potain – pour tous types de chantiers. Nos grues sont utilisées aussi bien par de petites entreprises que des grands comptes, de la maison individuelle jusqu’à Notre-Dame de Paris, en passant par les immeubles R+3 ou les éoliennes du port du Havre.

Portrait de Philippe Cohet

Que représente votre groupe, en quelques chiffres ?

Le groupe Uperio comprend 275 collaborateurs en France et possède 14 dépôts répartis dans les plus grandes villes. 9 concessionnaires maillent 50% du territoire pour environ 1200 grues en location.

Aussi, le groupe possède une dizaine d’autres dépôts à l’étranger dans 8 pays, pour 1000 autres grues, notamment en Europe du Nord, en Allemagne, au Royaume-Uni ou encore aux États-Unis. Le groupe réalise un chiffre d’affaires aux alentours de 230 millions d’euros, dont 120 millions sur l’unique marché français.

Comment le levage est-il considéré en France ?

La France est un grand pays de grues. Ce n’est pas pour rien que le groupe Potain, fondé sur le territoire national en 1928, a depuis acquis une renommée internationale. Les usages sont très différents selon les pays, les techniques et les traditions locales. La France est réputée pour son usage récurrent des grues sur ses chantiers. Et surtout c’est la recherche d’un mode constructif très productif qui demande plus de rapidité dans l’exécution.

Grues à tour sur un chantier

Cette recherche de productivité est un accélérateur du marché du levage ?

Bien sûr. Les chantiers ont évolué au fil du temps et la conjoncture économique également. De ce fait, toutes les entreprises étaient à la recherche d’optimisation financière, et la démocratisation du préfabriqué a donné un gros coup de boost à notre secteur. Le préfabriqué implique des charges lourdes, 5, 10, 15 voire 20 tonnes… que seules les grues peuvent lever. On observe également de plus en plus la multiplication du nombre de grues sur un chantier: au lieu d’une seule, certaines entreprises en missionnent directement deux ou trois, toujours dans un souci de gain de temps et de productivité.

Les grues ne sont-elles pas l’apanage des grandes entreprises ?

C’est une croyance très ancrée effectivement. Les appréhensions – fondées ou non – des plus petites entreprises de charpente sont monnaie courante: une grue, c’est un matériel conséquent, qui peut basculer, dont le montage est complexe, etc. De fait, ces entreprises préfèrent l’usage de chariots télescopiques et sont très réticentes à utiliser des grues. C’est là-dessus que nous devons travailler.

De quelle façon comptez-vous les convaincre?

Déjà, il faut préciser que les grues sont de plus en plus fiables. Elles sont soumises à de fortes réglementations avec contrôles réguliers et obligatoires pour des raisons évidentes de sécurité. Surtout, l’avancée technologique, notamment l’électronique embarquée et l’intelligence artificielle, réduit encore plus les risques. Par exemple, la redondance de capteurs bloque la grue avant un potentiel basculement de la flèche.

Insister sur cette fiabilité serait suffisant pour convaincre les petites et moyennes entreprises ?

Pas seulement. Leur réticence vient aussi de la maniabilité de la grue. C’est pour cette raison que nous avons conçu la grue Opti, dévoilée en avant-première lors du salon JDL de Beaune en juin dernier. Du temps où j’étais dirigeant de Potain, de nombreux concessionnaires nous avaient fait remonter une demande grandissante pour des grues de petites tailles. Dès mon arrivée chez Uperio, nous avons lancé le projet par le biais de l’usine belge d’Arcomet. Nous avons travaillé à réduire le poids de la grue via des aciers spéciaux et un design de structure en treillis, afin de la faire passer sous le seuil des 3,5 tonnes. Elle peut ainsi être transportée facilement car attelable à un simple 4x4 ou un pick-up. Surtout, elle demeure simple d’utilisation et rapide à monter: une demi-heure pour un opérateur seul. Avec une charge maximale de 1500 kg (360 kg en pointe de flèche), elle s’adresse à des utilisateurs n’ayant pas de charges trop lourdes à lever, donc parfaite pour les charpentiers.

Grâce à l’emploi d’aciers spéciaux, la grue ne pèse pas plus de à 3,5 tonnes.

Opti sera-t-elle également disponible à la location ?

Ce n’est pas son but premier. Sa maniabilité a été réfléchie de façon à ce qu’elle devienne un outil utilisé de façon récurrente par les professionnels visés. Et même si le marché n’est pas vierge de solutions en termes de petites grues maniables, notamment inspirées par les nacelles, j’ai l’intime conviction qu’Opti apporte ce petit plus qui pourra convaincre ces professionnels. Nous avons pour ambition d’en vendre une centaine par an par le biais de nos concessionnaires et notre réseau de distribution, et grâce à une vaste campagne sur internet. Nous allons d’abord attendre de bien établir le produit, de lui donner une forte visibilité pour créer la demande, et seulement ensuite la mettre en location.

Quelles perspectives peut-on envisager pour le secteur ?

Nous avons la chance d’avoir une belle industrie du levage en France, doublée d’un fort dynamisme technologique. En plus, les nouvelles réglementations thermiques et environnementales vont accélérer encore un peu plus l’essor de la construction bois, et ainsi nous offrir un nouvel élan et un marché où toutes les entreprises de construction seront des clients potentiels ! De quoi ouvrir de vastes horizons.

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