Malgré les efforts engagés pour favoriser la montée en compétences des salariés, les ouvriers restent les moins bien lotis en matière de formation continue. Selon une étude du Céreq, de la Dares et de France Compétences, seuls 36 % des ouvriers du secteur privé ont suivi une formation en 2020, contre 49 % des techniciens et 54 % des cadres. Le constat est particulièrement marqué dans le BTP, où le tissu d’entreprises, composé majoritairement de TPE et PME, limite l’accès à la formation. La taille de la structure joue un rôle déterminant: un ouvrier employé dans une société de plus de 1 000 salariés a plus de cinq fois plus de chances de se former que dans une entreprise de moins de 10 salariés. L’étude souligne également que les entreprises de la construction figurent parmi les moins formatrices avec le secteur agricole. Lorsque des formations sont proposées, elles concernent principalement les obligations réglementaires, la sécurité ou l’utilisation de nouveaux équipements. À l’inverse, les établissements les plus structurés font de la formation un véritable levier de performance et de compétitivité. Pour les auteurs de l’étude, une meilleure organisation des politiques de formation et un accompagnement renforcé des petites entreprises constituent des pistes essentielles pour réduire les inégalités d’accès aux compétences dans le secteur du bâtiment.