RGE une ouverture attendue, une efficacité à confirmer
L'’annonce était attendue. Avec la mise en place prochaine d’un accès simplifié au label RGE via la validation des acquis de l’expérience (VAE), le gouvernement amorce une évolution significative d’un dispositif souvent considéré comme trop complexe par les artisans. Portée de longue date par la Capeb, cette réforme vise à lever un frein d’un système d’accès jugé trop rigide, en contradiction avec la réalité des petites entreprises du bâtiment. Sur le terrain, le décalage est bien concret : près de 5 millions de logements demeurent énergivores en France, et seules 54 000 entreprises sont labellisées RGE ! Un chiffre très insuffisant, révélateur des difficultés pour bénéficier du dispositif. Pour de nombreux artisans du bois et de la construction, la qualification reste synonyme de procédures lourdes, de coûts élevés et d’une reconnaissance parfois limitée.
La réforme introduit un changement bienvenu avec un enjeu clair : passer d’un système de sélection à un système de reconnaissance en permettant d’obtenir la labellisation sur la base de chantiers audités conformes ; en assouplissant les obligations pour les plus petites structures ; et en conservant des démarches censées faciliter l’accès aux marchés de la rénovation énergétique, comme l’attestation chantier… Sur le papier, l’évolution va dans le bon sens en rapprochant le dispositif des pratiques des artisans. Mais, si cette avancée constitue une victoire pour les professionnels, elle n’est qu’une étape. Tout dépendra de son application. Simplifier, oui, mais sans déplacer la complexité ailleurs.
Au fond, cette réforme pose une question plus large : quelle place veut-on donner aux artisans dans la transition énergétique ? Derrière les normes et les labels, ce sont bien eux qui réalisent les travaux. Face à l’urgence climatique, et à l’ampleur du parc à rénover, le temps n’est plus aux ajustements. Si la promesse est tenue, le RGE version VAE pourrait marquer un tournant. Sinon, il ne sera qu’une réforme de plus.
Adèle cazier