Meilleurs Ouvriers de France : les femmes se distinguent

Meilleurs Ouvriers de France : les femmes se distinguent

15% des meilleurs ouvriers de France sont des femmes… On les retrouve dans tous les secteurs d’activité que représente le concours, soit plus de 200 métiers.

L’ouvrage Les femmes Meilleurs Ouvriers de France : Passion et excellence rassemble les témoignages de femmes qui ont obtenu le concours, y compris dans les métiers traditionnellement qualifiés de masculins, tels que carreleur ou ébéniste. La Société nationale des Meilleurs Ouvriers de France a souhaité donner la parole aux femmes MOF afin qu’elles évoquent leur parcours.

«Le dénominateur commun à toutes ces femmes, c’est leur persévérance et leur obstination. C’est aussi leur passion et leur volonté commune de se dépasser pour atteindre l’excellence», comme le souligne Jean-François Girardin, président de la Société nationale des Meilleurs Ouvriers de France. Rencontre avec les deux premières femmes MOF en marqueterie. Il y a quatre MOF femmes en marqueterie sur une trentaine de MOF.

Rencontre avec Nicole Eude, Erquy (Côtes-d’Armor)

Depuis quand êtes-vous MOF ?

J’ai passé le concours en 1989. Le dessin du sujet était défini et les choix des essences étaient libres. J’ai passé 350 heures en tout. Pour le réaliser, on dispose d’une année, le soir après le travail et les week-ends. Depuis, j’ai souvent été invitée à faire partie du jury. J’étais la première femme Meilleur Ouvrier de France en marqueterie. Le concours a lieu tous les quatre ans. Lors de la correction, jusqu’à présent, il fallait, dans le jury, un nombre égal de MOF et de « non-MOF », mais toujours des professionnels ou des professeurs en marqueterie.

Pourquoi avez-vous passé ce concours ?

Après le lycée, je suis allée à la chambre d’apprentissage pour apprendre l’ébénisterie. Le directeur m’a expliqué que pour une fille, même si je trouvais un patron, vis-à-vis des clients… Ce n’était pas dans les mentalités comme maintenant. Il m’a indiqué un patron en marqueterie «qui prenait en apprentissage des filles», en 1979: chez M. Josnin (Paris). À cette époque, la mode était aux séries et toujours les mêmes motifs. J’y ai appris le principal et comment travailler vite. J’ai passé mon CAP en deux ans. Puis, je suis rentrée chez M. Bonnefond (Paris), qui m’a encouragée à passer le concours des Meilleurs Ouvriers de France.

Ce titre a-t-il changé votre carrière?

Le travail est devenu de plus en plus intéressant car c’étaient souvent des pièces uniques. En 2007, j’ai quitté l’atelier pour travailler à mon domicile. J’ai pris le statut d’artiste et fait des tableaux de marqueterie. Comme ce statut ne permet pas de faire de la restauration ou des marqueteries pour les meubles, j’ai aussi, parfois, travaillé en portage salarial.

J’étais la 1re femme  MOF en marqueterie

-Nicole Eude

Rencontre avec Christina von Mohrenschildt, Carennac (Lot)

Depuis quand êtes-vous MOF ?

Christina von Mohrenschildt : 2004. J’ai été la deuxième femme MOF en marqueterie, spécialité qui existe depuis 1979.

En 2004, elle est décorée à l’Élysée par le président Jacques Chirac.